Selon Greenpeace, plus de 100 milliards de produits textiles sont vendus dans le monde chaque année. La production textile bat à plein régime. Entre la maroquinerie, les jeans, les pulls, les tee-shirts, tous les vêtements sont produits à une grande échelle. Pour créer les différents types de vêtements, les usines de production doivent avoir recours à un très grand nombre de procédés. Or, depuis quelques années, de nombreuses ONG et de nombreux journalistes soulignent le fait que certains de ces procédés sont dangereux aussi bien pour l’être humain que pour la planète. Il est difficile de changer globalement un système de production, surtout quand la demande est forte. C’est pourquoi il est important d’identifier les différents procédés qui peuvent nuire à la santé ainsi qu’à l’environnement pour être conscient de l’impact de sa consommation lors de l’achat d’un produit textile.

Des procédés de production dangereux pour la santé des travailleurs

Selon l’INRS, « le risque industriel est défini comme un évènement accidentel se produisant sur un site industriel mettant en jeu des produits et/ou des procédés dangereux et entraînant des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains, les biens et l'environnement. » Dans l’industrie textile, il existe différents procédés dangereux. Pour prévenir ces risques, il est important de pouvoir d’abord les identifier. Tout au long de la chaîne de production, on remarque plusieurs procédés.

Le premier évoqué est le sablage. Il est très connu car, à terme, il représente un réel danger sur la santé des travailleurs. La pratique du sablage intervient à l’étape de l’ennoblissement c’est-à-dire la transformation de l’apparence du textile. Par exemple, cette technique est utilisée pour donner au jean un style délavé. Le principe est relativement simple puisqu’une importante quantité de sable est projeté à forte pression sur le textile. Or, les travailleurs qui ont recours au sablage sont en contact avec la poussière de silice tout au long de l’exercice. Sur le long terme, ces travailleurs risquent de contracter une affection pulmonaire nommée la silicose dont l’évolution probable est un cancer.

Très souvent, il faut ensuite teindre le vêtement. Pour ce faire, les travailleurs ont recours à des produits chimiques dangereux pour leur santé. Cela se manifeste généralement par de l'eczéma, de l’urticaire, et de l'asthme. Le diméthylformamide et le formaldéhyde sont même cancérigènes. De ce fait, l’industrie textile est considérée par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer) comme activité cancérigène.

Enfin, le procédé de tannerie est également un procédé dangereux pour les êtres humains. Les travailleurs sont exposés à des produits chimiques dangereux (arsenic, formaldéhyde, sulfate d’ammonium,…), portent des charges lourdes, et vivent régulièrement des accidents liées aux machines utilisées ainsi que des chutes.

Face à ces dangers, les entreprises ne restent pas toutes inactives

Par exemple, en France, les procédés étant répertoriés et identifiés, les entreprises cherchent à faire en sorte de ne pas utiliser de procédés dangereux et de trouver des solutions alternatives. La première étape consiste à identifier les risques que représentent certains procédés. Selon le Code du Travail, toute entreprise française de plus d’un salarié a obligation d’établir un DUS (Document Unique de Sécurité), ce document permettant de recenser, lister et hiérarchiser tous les risques potentiels au sein d'un établissement. Ce document doit être mis à jour une fois par an.

Grandes lignes d'une démarche de prévention des risques chimiques, par l'INRS

Une fois les procédés dangereux identifiés, il faut y pallier. La prévention primaire permet dans un premier temps de remplacer certains procédés. Soit l’emploi est supprimé soit on lui apporte des modifications qui permettent de ne plus exposer le travailleur au danger. Pour reprendre l’exemple de l’ennoblissement, aujourd’hui le procédé du sablage n’est plus systématique. Les travailleurs ont plutôt recours au délavage à l’ozone. La prévention collective, quant à elle, est la mise en place d’améliorations à l’échelle de l’entreprise. Par exemple, la mise en place d’une ventilation permet de ne plus exposer les travailleurs aux produits toxiques, qui eux sont difficilement substituables. D’une manière générale, toutes les machines utilisées pour la conception de textiles sont marquées d’avertissement et de dispositifs de sécurité. Le but est de limiter au maximum les risques potentiels pour les travailleurs. Les travailleurs eux-mêmes sont équipés de protection. Les tanneurs doivent par exemple porter gants, masques et combinaisons.

Si en France les procédés dangereux sont étudiés et des réponses sont apportées, on trouve certains pays où il n’existe aucune obligation. Le problème des procédés dangereux est finalement une question politico-géographique. A l’échelle européenne, des mesures sont mises en place, telle que la réglementation REACH. Ainsi, « les importations de certains produits chimiques comme les éthoxylates de nonylphénols, l'un des produits chimiques les plus utilisés dans la mode pour fabriquer des tissus résistant à l'eau, ont été interdits » (Karen Hausel, spécialiste de l'environnement, technicienne en métaux dangereux et créatrice de Daisy durable). Toutefois, il n’existe pas encore réglementation globale. De ce fait, dans des pays producteurs, des procédés dangereux sont appliqués, au détriment de la santé des travailleurs.

Certaines marques qui externalisent leur production prennent donc des mesures pour préserver la santé des travailleurs, mais aussi pour s’assurer que l’industrie textile ait un impact positif sur le développement du pays en créant un marché du travail stable, et également en améliorant les conditions de travail, le droit des femmes, les compétences, l’éducation et la santé.

Que peut-on faire en tant que consommateur ?

Pour limiter les procédés dangereux et leur impact, le consommateur peut montrer son intérêt pour les vêtements n’ayant pas ou peu été créés avec ces procédés, en évitant par exemple les produits teints, les teintures entraînant des risques chimiques. Il peut également éviter les articles provenant des pays connus pour leurs forts risques sociaux. Attention cependant, il peut y avoir des risques dans des pays qu'on ne soupçonne pas ! On retient notamment le scandale qui faisait surface en juillet dernier, concernant les ateliers textiles de Leicester (Royaume-Uni).

Un autre moyen de limiter ces risques est de s'intéresser aux labels, et plus particulièrement ceux qui prouvent que les vêtements ont été fabriqués dans des conditions respectueuses de la santé des travailleurs. Toutes les informations de production d'un article ne sont pas sur son étiquette, mais les labels garantissent que la marque a respecté des normes définies. Les labels qui s'intéressent aux conditions sociales sont malheureusement moins nombreux qu'on ne l'espèrerait pour l'instant, mais on pense par exemple au label OEKO-TEX, qui regarde les intrants chimiques tout au long de la production des articles de mode. On pense également à la certification Leather Working Group, qui certifie les entreprises liées au travail du cuir dont l'utilisation d'intrants chimiques est réduite.

En savoir plus sur les labels et les engagements qu’ils certifient

Enfin, vous pouvez vous renseigner sur les engagements des marques elles-mêmes directement sur notre site et sur l’application ViJi !

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Rédaction : Gaultier KRUG & Bérangère LAVIGNE


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Sources :

https://www.natura-sciences.com/environnement/sablage-jean-silicose.html

Le revers de mon look

http://www.inrs.fr/demarche/risques-industriels/definition-risque-industriel.html

https://fashionunited.fr/actualite/mode/la-toxicite-textile-que-se-cache-t-il-dans-vos-vetements/2017062913118#:~:text=Elle%20pr%C3%A9cise%20que%20%C2%AB%20les%20produits,perfluor%C3%A9es%20(utilis%C3%A9s%20dans%20des%20traitements

https://fr.fashionnetwork.com/news/Ethique-h-m-tente-de-contrer-la-polemique,247955.html

https://www.officiel-prevention.com/dossier/formation/fiches-metier/la-prevention-des-risques-dans-les-industries-textiles#:~:text=Il%20existe%20un%20risque%20accru,dans%20les%20ateliers%20d'extrusion.&text=Les%20colorants%20utilis%C3%A9s%20dans%20les,urticaire%2C%20et%20d'asthme.

https://www.ecolabels.fr/quest-ce-quun-ecolabel/

https://www.ademe.fr/labels-environnementaux