On fait de plus en plus attention à ce que l'on consomme, mais on ne sait pas toujours de quoi il faut se méfier. C'est l'heure de faire un point sur les perturbateurs endocriniens, un phénomène qui nous concerne tous.

Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?

Selon l'OMS, les perturbateurs endocriniens sont des "substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme pouvant interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants". Autrement dit, ce sont des molécules similaires aux hormones, le corps confondant alors entre les deux, et ces molécules interfèrent avec le système hormonal des organismes vivants, pouvant ainsi entraîner des effets néfastes sur la santé et l’environnement. Les perturbateurs endocriniens peuvent être la cause d'obésité, d'une baisse de quotient intellectuel, de cancer du système reproducteur, de diminution de la fertilité masculine, de cancer du sein, d'augmentation du risque d’avortement spontané, de cancer de la prostate, de malformation fœtale, de cryptorchidie, de cancer de la thyroïde, de troubles du développement du système nerveux ou encore d'un déficit de l'attention et/ou d'une hyperactivité chez l'enfant.

Où les trouve-t-on ?

On retrouve ces perturbateurs endocriniens dans notre environnement quotidien. Dans le plastique, les emballages alimentaires, les cosmétiques, les tétines pour bébé, les ustensiles de cuisine, les produits ménagers, la peinture, les conserves, les textiles, et également dans notre alimentation, comme dans les fruits ou les légumes. Le niveau de perturbateurs endocriniens est plus élevé chez les enfants, qui ont facilement tendance à porter des objets à leur bouche, comme les jouets, et donc les peintures.

Côté textile, Greenpeace rapporte que deux tiers de nos vêtements contiennent des perturbateurs endocriniens. Ils seraient apparemment trop peu nombreux pour que le vêtement soit un danger direct envers son propriétaire, mais il a cependant un impact incontestable sur l'écosystème. Que ce soit à partir des usines textiles ou à partir de l'eau rejetée par nos machines à laver, ces perturbateurs sont déversés dans les océans, ingurgités par sa faune et se retrouvent finalement dans nos assiettes.

Comment les éviter ?

De nombreux effets négatifs, une omniprésence, alors oui, présenté comme ça, ça peut paraître effrayant (et ça l'est !), mais il y a plusieurs mesures que l'on peut prendre pour les éviter au maximum.

Concernant vos vêtements, réduire le nombre de machines permettrait de limiter le déversement des perturbateurs endocriniens dans les océans. Il est également recommandé d'aller plutôt vers des articles avec labels, comme le label Oeko-Tex 100, l’écolabel européen ou encore les articles certifiés GOTS, la charte GOTS interdisant les perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques comme les métaux lourds, le chlore ou les pesticides.

De manière plus générale, voici quelques recommandations :

  • Favoriser le verre au plastique : non seulement on réduit la pollution qu'engendre le plastique, mais on évite également l'ingérence de perturbateurs endocriniens,
  • Eviter de chauffer le plastique (comme les plats préparés, ou encore les tupperware),
  • Aérer son lieu de vie afin de renouveler l'air régulièrement.

Quelles mesures ont été prises à l'échelle nationale ?

L'Anses, agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, va établir une liste de perturbateurs endocriniens en effectuant une expertise d'au moins 6 substances en 2020 (au moins 3 au titre de REACH et au moins 3 substances biocides ou phytopharmaceutiques) en proposant, quand elle jugera les données suffisantes, la reconnaissance des substances comme perturbatrices endocriniennes au titre des règlements européens, comme elle l’a fait pour le Bisphénol A. Elle en expertisera 9 par an à partir de 2021. Des sites internet seront également lancé pour permettre au grand public de s'informer sur la présence de perturbateurs endocriniens des les objets de la vie courante. L'un de ces sites, Agir pour bébé, concerne plus particulièrement les jeunes parents, et leur donne des conseils pratiques, notamment lors de la grossesse et après la naissance.

La présence de perturbateurs endocriniens dans les produits textiles est encore une nouvelle raison de bien s'informer sur ce que l'on achète. Connaître ces perturbateurs et leur impact est une chose, mais encore faut-il avoir la possibilité de les repérer pour les éviter. C'est pourquoi, aux côtés des marques, ViJi rassemble le plus d'informations possible afin de permettre au consommateur d'être en capacité de sélectionner ses articles. L'application, permettant de scanner ces articles, sera bientôt disponible sur votre app store. En attendant, n'hésitez pas à vous abonner à notre blog et à nous suivre sur les réseaux sociaux pour être informés de la date de sa sortie.

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