Depuis quelques années, une nouvelle génération de créateurs a pris conscience de la nécessité de repenser les modèles économiques du secteur du textile. De nouvelles marques éco-responsables parient notamment sur l’upcycling. Mais qu’est-ce que l’upcycling ?

Le concept d’upcycling

D’après les chiffres extraits du guide « le revers de mon look » réalisé par l’Agence de la Transition Ecologique (ADEME), la production mondiale de vêtements a doublé en une quinzaine d’années et aujourd’hui, moins de 1% de ces habits est recyclé. De plus, les trois quarts (73%) des vêtements produits à l’échelle de la planète finissent leur vie dans des décharges où, en se décomposant, ils représentent une importante source de pollution. Sur les 600 000 tonnes de textiles, linge de maison et chaussures mises sur le marché dans la France chaque année, seul un tiers (195 000 tonnes) est collecté à des fins de valorisation.

Alors que la « fast fashion » est de plus en plus critiquée pour ses dégâts environnementaux, des jeunes créateurs et marques repensent leur rapport à la mode en s’engageant dans une démarche davantage écoresponsable. Mais certains vont encore plus loin et misent sur l’upcycling ou « surcyclage » en français qui signifie littéralement « recycler par le haut ». Cette pratique consiste à récupérer des pièces (tissus, matériaux, etc…) pour les transformer en une nouvelle pièce dont la valeur est supérieure. "Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme". Ce célèbre adage attribué à Lavoisier semble particulièrement bien définir l’upcycling qui se différencie du recyclage classique car il s’agit bien là de refaire du neuf avec du vieux et donner une valeur ajoutée au produit de base.

La fonction première de l’upcycling est de produire une nouvelle matière textile à partir de tissus récupérables de l’industrie : tissus (invendus ou non utilisés par des maisons de mode), chutes textiles, rideau, linge de maison, mais également des vêtements. Ces derniers peuvent être neufs ou usagés, issus de dons de particuliers ou de filières de tri. Ils sont lavés, contrôlés pour connaitre leur état et trois options s’offrent alors : les revendre ou les donner via des circuits de seconde main ou des associations, les recycler s'ils sont trop abîmés ou les déstructurer afin de servir de base de travail à des designers upcyclers spécialisés. On défait les coutures, on retire les boutons et les fermetures éclair, on classe les matières et les couleurs et on obtient une réserve de matières finies qui constitue une ressource textile importante pour une marque d’upcycling.

Démocratisation de l’upcycling

L’un des précurseurs de l’upcycling est Martin Margiela.  En 1988, ce jeune designer belge bouscule avec sa nouvelle esthétique singulière basée sur la récupération et la transformation, retravaillant des pièces existantes pour créer une mode avant-gardiste. Pionnier en la matière, Margiela entraîne une démocratisation de l’upcycling et incite toute une génération de jeunes créateurs à marcher dans ses pas pour créer une mode upcyclée et responsable. C’est notamment le cas de Marine Serre qui est devenue une véritable « ambassadrice » de l’upycling en présentant dans son tout premier défilé à Paris en Février 2018 une collection composée de pièces confectionnées à partir de vieux foulards et de combinaisons de plongée.

« Il y a beaucoup trop de vêtements dont on ne sait pas quoi faire, et personne n’a envie de produire moins. La solution que j’ai trouvée, c’est de travailler à partir de matières déjà existantes », confie la créatrice au journal le Monde.

Alors que les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés aux problématiques environnementales et sociales, l’upcycling se démocratise et connaît un véritable engouement.

L’upcycling, un pari risqué ?

Reposant sur le reconditionnement d’une matière existante, l’upcycling permet sur le plan énergétique d’épargner le coût de l’exploitation d’une ressource naturelle pour fabriquer un textile (coton par exemple) et donc d’avoir un impact environnemental moindre. De plus, il permet aux marques d’avoir une plus grande maîtrise sur leur chaîne d’approvisionnement et le sourcing des matériaux avec lesquels sont créés les vêtements étant donné qu’elles travaillent directement avec les fournisseurs. En plus de faciliter la traçabilité des articles, cela permet également de privilégier des fournisseurs locaux. Par exemple, Marine Serre explique que « le bois flotté pour les bijoux [de sa dernière collection] provenait d'un ami de sa mère qui ramasse les choses abandonnées sur la plage."

Cependant, l’upcycling présente parfois quelques contraintes pour le styliste. En effet, il lui est impossible d’anticiper la quantité, la couleur et la nature du textile avec lequel il va pouvoir composer. Ainsi, il ne peut penser ni au patron ni même au type de vêtement qu’il va concevoir. C’est à la fois un gain de temps car les ressources sont immédiatement disponibles, et une perte car le design n’est pas anticipable. Du côté du consommateur, l’upcycling n’offre que des bénéfices : c’est la garantie d’avoir un vêtement unique, original, porteur d’histoire et écoresponsable.

La sélection ViJi des marques d’upcycling

En tant que consommateur, il n’est pas toujours facile de se tourner vers un mode de production et de consommation plus respectueux de l’environnement. Choisir l’upcycling demande   parfois beaucoup d’efforts et de réflexions. C’est pourquoi ViJi fournit un service d’accompagnement et de conseil dans cette démarche à travers son application. Découvrons ensemble une sélection des marques en partenariat avec ViJi et qui ont fait le pari de l’upcycling.

Second Sew

enfants mannequins portant les vêtements éthiques de Second Sew

Second Sew est une marque de mode éthique proposant des vêtements bébé et enfant (allant jusqu’à 4 ans) confectionnés à partir de tissus revalorisés (upcycling).

Un trésor dans mon placard

Laurie, fondatrice de Un trésor dans mon placard

Un trésor dans mon placard est une marque dédiée à l'upcycling. Les vêtements créés sont des pièces uniques confectionnées pour vous à partir des vêtements que vous ne portez plus.

Au Juste

bannière de la marque au Juste

Au Juste est une marque française de vêtements pour homme et femme en maille et en matières recyclées et upcyclées. Lancée en 2018 par Gonzague et Violaine, frère et sœur, au Juste ce sont donc des points de maille de folie sur la bande-originale de votre film préféré.

Chaussettes Orphelines

chaussettes de la marque Chaussettes Orphelines

Avec ses points de collecte partout en France, Chaussettes Orphelines récupère des chaussettes qui sont ensuite triées dans des centres de réinsertion professionnelle. Elles sont décousues pour créer des fils utilisés pour la création de vêtements, chaussettes et accessoires confectionnés à l’atelier de la Goutte d’Or à Paris.


Rédaction : Sirandou Dia


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Sources :

https://www.vogue.fr/mode/article/marine-serre-interview-defile-printemps-ete-2020

https://fashionunited.fr/actualite/mode/l-upcycling-s-impose-comme-un-element-cle-de-l-evolution-de-la-mode/2018110719122

https://www.modeintextile.fr/marques-de-mode-responsables-parient-lupcycling/

https://www.thegoodgoods.fr/mode-ethique/conseils/oubliez-tout-ce-que-vous-pensez-connaitre-sur-l-upcycling-gaelle-constantini-supermarche-monia-sbouai-bilum-coralie-marabelle-against-grey

https://www.viji.io/fr/marques

https://www.carnetsduluxe.com/grands-formats/tendance-lupcycling-ou-lart-de-sublimer-les-textiles-usages/

file:///C:/Users/diasi/OneDrive%20-%20etu.unistra.fr/STAGE%20VIJI/le-revers-de-mon-look.pdf